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Page mise à jour le 3 Juillet 2011
Selon les dernières données épidémiologiques, on
estime que 16,5 % de la population adulte sont hypertendus soit environ 10 millions
de français*. De nombreux hommes sont concernés par cette pathologie
et parmi eux, 1 sur 7 souffre de troubles de l’érection. Pour en
connaître les causes et tenter de remédier à ce
problème, une seule solution : vaincre ses tabous et en parler à son
médecin.
l'expertise du Dr. Pierre Bondil, Urologue au centre hospitalier de Chambéry.
Le dysfonctionnement érectile, terme plus précis qu’impuissance sexuelle se définit par l’impossibilité de développer ou de maintenir une érection suffisante pour assurer un rapport sexuel satisfaisant. Moins évident chez la femme, les troubles de la fonction sexuelle se traduisent généralement par une sécheresse vaginale, des douleurs et une difficulté à atteindre l’orgasme. Les hommes et les femmes qui souffrent d’une perte de désir ne sont pas pour autant atteints de dysfonction érectile. Le désir est sous le contrôle complexe d’hormones (testostérone chez l’homme, oestrogènes et testostérone chez la femme) et aussi de multiples paramètres psychologiques et relationnels (niveau de stress et d’anxiété, éducation, environnement socioculturel, personnalité, qualité de l’entente au sein du couple, état de santé globale de l’homme et de la femme...).
L’hypertension artérielle affecte la nature des artères. On
observe un épaississement et un durcissement des parois des artères
lorsque la pression reste élevée pendant plusieurs mois voire
plusieurs années. Le passage du sang étant fortement perturbé,
l’érection peut en être altérée, car elle
dépend entre autres de mécanismes vasculaires.
L’hypertension peut donc avoir pour conséquence physiologique directe
un dysfonctionnement érectile.
Certains traitements antihypertenseurs peuvent avoir un impact sur la
sexualité du patient. Cependant les mécanismes mis en jeu sont
assez mystérieux. “Si par le passé, les traitements
antihypertenseurs étaient souvent incriminés d’emblée
lors de troubles sexuels, on pense aujourd’hui que leur implication a
été surévaluée” explique le Dr Pierre Bondil,
urologue à l’hôpital de Chambéry. “En effet,
l’objectif du traitement antihypertenseur étant de faire diminuer
la pression au niveau des artères, la relation avec
l’altération de l’érection est loin d’être
évidente”.
Si vous suspectez votre médicament d’influer sur votre capacité
à avoir une érection, parlez-en à votre médecin
traitant. La relation entre la prise du médicament et la baisse de
l’érection doit être nette. La seule façon de lever le
doute est de changer de traitement.
Si le trouble persiste, c’est que le médicament n’est pas en
cause. Par contre, un suivi approximatif de la prescription peut être
responsable. En effet, s’il vous arrive d’oublier une prise ou ne pas
toujours respecter les horaires des prises, cela peut nuire à
l’efficacité du traitement. Votre hypertension peut alors
s’aggraver, il n’y a pas d’amélioration de la fonction
cardiovasculaire et donc la fonction érectile peut être
touchée. “Le trouble érectile n’est en fait qu’un
“signe” vasculaire tout comme l’hypertension artérielle.
C’est une expression différente de la même maladie”
précise le Dr Bondil.
De ce fait, pour améliorer la fonction érectile, on préconise
les mêmes mesures hygiénodiététiques que celles
recommandées dans le traitement de l’hypertension : arrêter de
fumer, perdre du poids et adopter une alimentation saine et
équilibrée, consommer de l’alcool modérément et
faire de l’exercice physique.
On peut évoquer une cause plus psychologique pour tenter d’expliquer les troubles de la fonction sexuelle. “Quand un homme apprend du jour au lendemain qu’il souffre d’une maladie chronique et qu’il va devoir prendre un médicament à vie, il peut arriver que cette réalité ait légitimement un retentissement sur le psychisme et l’identité”, explique le Dr Bondil. L’annonce d’une maladie chronique peut en effet engendrer un sentiment dépressif, une perte de confiance en soi qui influent sur le désir sexuel. “Cela ne peut pas vraiment en être la conséquence directe mais peut y contribuer” précise le Dr Bondil. Par contre, si l’hypertension a un lien évident avec les troubles érectiles, il n’y a pas de lien démontré avec la perte de libido. Rien ne prouve à l’heure actuelle que l’hypertension artérielle ait des conséquences hormonales directes sur la perte de désir. De plus, il faut bien différencier la baisse de désir et la diminution de l’excitation, souvent liée à l’harmonie qui règne dans un couple. Or, il n’est pas rare qu’après plusieurs années de vie commune, on doive faire davantage d’efforts pour stimuler le désir au sein d’un couple en sachant que les “performances” sexuelles de l’homme et de la femme diminuent avec l’âge… On ne court pas un 100 mètres à 50 ans comme à 20 ans ! Le dialogue dans le couple est souvent le meilleur allié, mais vous pouvez toujours demander conseil à votre médecin traitant. Quoi qu’il en soit, n’incriminez pas d’emblée votre hypertension en cas de perte du désir !
“La pathologie sexuelle n’est pas vitale mais susceptible de retentir fortement sur la vie de l’homme et de la femme !” énonce le Dr Pierre Bondil. “Un patient ne doit surtout pas hésiter à en parler à son médecin de famille si ce trouble le gêne et altère sa qualité de vie ou celle du couple”. Longtemps considéré comme un sujet tabou par les patients mais aussi pour certains médecins, qui n’osaient pas aborder le sujet, l’arrivée sur le marché de nouveaux traitements des troubles de l’érection a permis de faire lever les préjugés concernant les troubles de la fonction sexuelle. En améliorant la fonction endothéliale, ces médicaments ont une action bénéfique sur les vaisseaux et les pathologies vasculaires. Contrairement aux idées reçues, la prescription d’un inducteur de l’érection, en respectant les contre-indications, ne pose pas, sauf exception, de problèmes d’interaction avec le traitement antihypertenseur. Mais là encore, l’avis de votre médecin traitant est indispensable.
En bref, si vous êtes hypertendu et que vous souffrez de troubles sexuels,
ne vous alarmez pas outre mesure car rien n’est définitif. Les
troubles de l’érection sont souvent un autre aspect de votre
pathologie vasculaire chronique et vous disposez de toutes les armes
nécessaires pour la neutraliser.
D’où l’importance de bien suivre votre traitement
médicamenteux tout en appliquant des règles d’hygiène
de vie strictes.
Je n’ai plus vraiment de désir. À qui en parler ?
Si vous ressentez un trouble de votre libido et que cela dure depuis plusieurs
mois, il y a peu de chance pour qu’il puisse se résoudre tout seul.
Dans ce cas, il faut envisager de consulter votre médecin traitant et de
lui décrire les effets perçus sur votre sexualité.
Vous pourrez alors ensemble déterminer si les médicaments que vous
prenez sont responsables du problème ressenti et votre médecin
pourra éventuellement décider de modifier sa prescription.
Si votre traitement n’est pas mis en cause, il pourra vous orienter vers un
spécialiste pour résoudre votre
problème.
La règle d’or est de ne pas hésiter à consulter, car des solutions existent pour vous traiter !