Hypertension artérielle et apnée du sommeil
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MAÎTRISE - HTA et apnée du sommeil

Page mise à jour le 3 Juillet 2011

Le syndrome des apnées du sommeil une cause possible de l’hypertension

Bien que dans 95 % des cas, une hypertension artérielle diagnostiquée soit dite “essentielle” (sans cause bien définie), le syndrome des apnées du sommeil est l’une des causes possible de l’hypertension artérielle. Cette maladie reste à l’heure actuelle sous-diagnostiquée ; elle présente pourtant des risques à long terme sur votre coeur et sur vos artères.
Sachez reconnaître les signes d’un sommeil en apnée. Vous pouvez demander conseil auprès de votre médecin, qui jugera peut-être utile d’un bilan plus approfondi.



Ronflement et grosse fatigue : si c’était un syndrome des apnées du sommeil ?

Les ronflements sont la conséquence du frottement de l’air sur les paroies des voies respiratoires. Ces dernières se rétrécissent du fait du relâchement des muscles situés à l’arrière de la gorge. Des kilos superflus et une consommation d’alcool en excès peuvent accentuer ce processus.

Une maladie relativement fréquente

Près de 5 % de la population générale est atteinte par le syndrome d’apnées du sommeil. Cette maladie touche un nombre de personnes équivalent à celui des maladies chroniques comme le diabète ou l’asthme. Les apnées du sommeil restent essentiellement observées chez les hommes. Les facteurs prédisposant sont le surpoids, la consommation de tabac, la consommation d’alcool et l’âge. À partir de 60 ans, près de 25 % des personnes pourraient en effet souffrir de cette affection.


Sommeil en apnée : que se passe-t-il ?

Les apnées correspondent à des interruptions successives de la respiration tout au long de la nuit. Ces événements sont susceptibles de se répéter jusqu’à 300 fois par nuit !
Chaque arrêt respiratoire dure entre 10 secondes à 1 minute.


Quels sont les signes de cette maladie ?

La plupart des personnes qui souffrent d’apnées du sommeil ne s’en rendent pas compte. C’est souvent le conjoint qui se plaindra des ronflements répétés de la personne atteinte. Au-delà des ronflements intempestifs qui restent les premiers signes, les personnes atteintes par cette maladie ressentent une grande fatigue, et cela dès le matin. Les apnées induisent en effet un sommeil de mauvaise qualité, car saccadé de micro-réveils. En d’autres termes, sans pour autant s’en rendre compte, la personne souffrant d’apnées du sommeil dort mal et ne récupère pas suffisamment. De plus, d’autres signes peuvent survenir, comme des pertes de mémoire, un état irritable, des difficutés à se concentrer ou encore des maux de tête au réveil.

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Sommeil en apnée, votre coeur et vos artères en subissent les conséquences

Au-délà de l’inconfort du sommeil engendré par les ronflements, les arrêts respiratoires répétés ne sont pas sans conséquence sur votre santé. Nuit après nuit, l’activité du coeur est augmentée pour assurer l’oxygénation nécessaire des différentes parties de l’organisme, palliant tant bien que mal à ces micro-arrêts respiratoires.


Ronfleur fatigué, attention à vos chiffres tensionnels !

Les personnes souffrant d’apnées du sommeil voient leur rythme cardiaque s’accélérer et leur pression artérielle augmenter. Des études récentes ont démontré que près de 60 % des personnes atteintes du syndrome d’apnées du sommeil sont hypertendues.
Et ce phénomène s’accentue avec des apnées du sommeil sévères. En effet : plus les arrêts respiratoires seront nombreux, plus la tension est susceptible de s’élever.
À long terme, les apnées du sommeil peuvent augmenter le risque de complications graves pour le coeur et le cerveau. C’est pouquoi, cette maladie reste importante à diagnostiquer, pour maintenant et pour l’avenir.

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En pratique, quand consulter son médecin ?

Tous les ronfleurs ne souffrent pas d’apnées du sommeil. Le ronflement reste très fréquent dans la population générale.
À partir de 50 ans, un homme sur 2 sera sujet aux ronflements, sans pour autant être atteint d’apnées du sommeil. Si vous reconnaissez un ou plusieurs des symptômes évoqués, une consultation auprès de votre médecin permettra de détecter la présence ou non de réels arrêts respiratoires lors de votre sommeil, par l’intermédiaire d’un interrogatoire minutieux. Par exemple :

  • Les ronflements sont-ils quotidiens ou occasionnels ?
  • Sont-ils très “sonores” ? Votre conjoint a-t-il remarqué des silences (dûs aux arrêts respiratoires) entre les ronflements ?
  • “Vous arrive-t-il de vous endormir dans la journée, à des moments inappropriés ?”

La polysomnographie : Une nuit entière sous haute surveillance

L’examen de référence pour le diagnostic de la maladie reste la polysomnographie.
Il consiste à enregistrer durant toute une nuit différents paramètres qui permettent d’étudier de manière approfondie les éventuelles anomalies respiratoires.
En pratique, vous passerez une nuit complète dans un centre spécialisé. Des appareils évalueront le fonctionnement de votre coeur, de votre respiration, et de votre cerveau pendant votre sommeil.

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Quels sont les traitements ?

La première recommandation est d’adopter une meilleure hygiène de vie qui permettra d’atténuer voire d’éliminer les symptômes de la maladie. En particulier : perdre du poids (en cas de surpoids avéré), diminuer sa consommation d’alcool et celle de cigarettes. Ces gestes seront aussi bénéfiques pour diminuer le risque à long terme de maladies cardiovasculaires.
Pour les apnées plus sévères, le traitement de référence reste “la ventilation en pression positive”. Cette méthode est efficace mais nécessite de porter la nuit un masque respiratoire. Aujourd’ hui d’autres traitements moins contraignants se développent pour améliorer la prise en charge de la maladie. N’hésitez pas à demander conseil auprès de votre médecin, et à lui signaler vos troubles du sommeil et signes de fatigue.


Références :
Syndrome d’apnées du sommeil : quand y penser, comment le dépister ?
Dr. Orvoen-Frija. Journées de diabétologie, 2002.
Baguet J.P. Hypertension artérielle et syndrome d’apnées du sommeil. AMC. 136 : 13-15.
Nieto FJ et al. Association of sleep-disordered breathing, sleep apnea, and hypertension in a large community-based study. JAMA 2000; 283 : 1829-1836.


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